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Gilles Francescano devant l'exposition

Gilles Francescano devant l'exposition

Utopiales 2015

Entretien Gilles Francescano

 

Pour l’exposition L'espace d'un instant

 

Stéphane Dubois Gilles Francescano,

vous coordonnez une exposition de dessins faits par des détenus du Centre de Détentions de Nantes, comment vous êtes-vous retrouvé à la coordonner ?

Gilles Francescano

Chaque les Utopiales, nous mettons en place avec les Utopiales une relation avec les détenus du Centre de Détentions de Nantes, souvent nous envoyons un auteur présenter son œuvre et parler de la science-fiction en général. Nous avons souhaité cette année faire un travail plus long, plus approfondi, autour du dessin, en partant du postulat que tout le monde peu dessiné, s’exprimé autour du dessin.

 

L’idée était de leurs faires illustrer un texte, il fallait que cela soit un texte court, qu’il soit puisse nous parler que l’on connaît déjà, avec une approche autant science-fiction, humaniste et poétique. J’ais choisit d’une manière totalement arbitraire, des textes de Sylvie Lainé, avec qui je travaille habituellement et dont je connais bien l’œuvre, en collaboration avec Actus SF qui à offert les livres au Centre Pénitencier.

 

Les détenus étaient contents d’avoir les livres, et je suis intervenu après la lecture de l’ouvrage. L’idée était de les faire travailler autour de leurs ressentis.

 

Stéphane Dubois

Vous les avez fait travailler sur la base de «L’Opéra de Sahaya» et « Marouflage ».

 

Gilles Francescano

Ils se sont emparés des différents textes, voire des mélangeurs des deux textes. On a essayé de faire une synthèse de ce qu’ils avaient ressenti. J’ai eu de très bonne discussion avec les détenus, sur leurs ressentis, certains âpres les ateliers, sont venus me dirent qu’ils se mettaient au dessin, ayant pris beaucoup de plaisir à travailler de cette manière.

 

Stéphane Dubois

Il s’agit pour vous, d’une première expérience ce travail en milieu carcéral ?

 

Gilles Francescano

Oui, il s’agissait pour moi d’une première expérience, première rencontre, j’avais forcément un peu d’appréhension, avec les personnes que j’aurais en face de moi, je travaille beaucoup sur différents publics, mais en milieu carcéral s’était une première pour moi.

 

Dès la première rencontre, c’est le côté humain qui a été mis en avant, le fait d’être accueillis chaleureusement par les détenus, dans un milieu que l’on entend peu parler, avec leurs habitudes pour certains qui sont là depuis longtemps, leurs coutumes.

 

Beaucoup de discussions sur leurs ressentis à partir du texte, et liées à leurs propres « connaissances » du monde extérieur.

 

Stéphane Dubois

Ce groupe était composé de combien de personnes ?

 

Gilles Francescano

 

De 5 à 7 personnes, ils venaient parfois de manière aléatoire, en raison de leurs nombreuses activités, la bibliothèque est assez peu mise en valeur,  malheureusement car ils ont une très belle bibliothèque. D’expliquer la science-fiction à partir des ouvrages présents dans la bibliothèque. De pouvoir parler du festival des Utopiales, nous avons tout de suite essayé d’avoir une permission de sortie, pour certains détenus, deux d’entre eux, on put venir rencontrer Sylvie Lainé, voir l’exposition, les conférenciers, les autres intervenants, assistés à la projection de courts métrages, ils sont repartis des Utopiales enchantés.

 

Stéphane Dubois

Sur le plan graphique cela se passait comment, vous coacher, guidiez, conseiller, orienter ?

 

Gilles Francescano

Conseiller au départ, en essayant de les motiver au départ, je considère que tout le monde peut faire une belle image avec du temps, les aider à surmonter quelques difficultés. Certains dessinaient déjà, soit en bande dessinée, soit qui écrivait l’histoire de leurs vies à travers un roman.

 

Certains avaient déjà l’habitude de revenir sur leurs travaux et ont continué à travailler sur leurs dessins dans leurs cellules. À chaque nouvelle rencontre, j’avais une dizaine de nouveaux dessins.

 

L’exposition s’est donc étoffée rapidement.

 

Stéphane Dubois

Justement à ce sujet, comment la sélection s’est faite, il y-t-il eu une censure ?

 

Gilles Francescano

Au départ je ne voulais pas faire de sélection, je pensais que tous méritaient d’être montrés au vu de l’effort qu’ils avaient fourni. Les dessins peuvent être de qualité diverse en raison de la diversité des personnes, de leurs vécus, de leurs capacités. À part quelques dessins qui ont été écartés pour des raisons par exemple de nudité, nous aurions pu tous les exposer.

 

Stéphane Dubois

Quelles quantités dessins dans le cadre de cet atelier ont été réalisées.

 

Gilles Francescano

Plus d’une quarantaine de dessins ont été fait par les détenus, cette exposition après les Utopiales, vont être exposé de manière permanente dans la bibliothèque du Centre de Détention de Nantes.

 

Sylvie Lainé est venue rencontrerez dédicacer des livres, et des affiches du festival leur sont été offertes, pour les détenus qui avaient obtenu une permission de sortie pour les Utopiales, des conférenciers présents au festival les ont également rencontrés, ils ont pu assister également à une des sessions de projections de courts-métrages.

Stéphane Dubois

Certains connaissaient déjà la science-fiction ?

 

Gilles Francescano

Peu connaissaient la SF, beaucoup sont venus sans connaitre, certains voulaient juste échanger sur la SF, la littérature, sans pour autant participer à l’atelier de dessins.

 

D’autres avaient une importante connaissance de la science-fiction, soit via la littérature soit au travers du cinéma.

couverture du livre de Sylive LAINE, sur lequel les détenus on ttravaillés

couverture du livre de Sylive LAINE, sur lequel les détenus on ttravaillés

Parallèlement Sylvie Lainé est intervenue dans la partie « Femmes » du Centre de détention de Nantes.

 

Nous avons après entretien l’entretien rencontré aux Utopiales Sylvie Lainé, qui nous a confié qu’elle avait pour la première fois rencontré des femmes en détentions, que certaines d’entre elles lui avaient dit lire « que des livres parlant du réel et dur », elle nous a aussi confié le sentiment d’oppression qu’elle y avait ressenti, il lui fallait bien 20 minutes, pour franchir toutes les portes de sécurité, mais que ces rencontres avec des détenues, avait été mutuellement enrichissantes.

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