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Site sur la Science-fiction et le Fantastique

© Éditions Soleil, 2016 – Arleston, Floch

© Éditions Soleil, 2016 – Arleston, Floch

Entretien

Arleston

SANGRE

 

Stéphane Dubois,

Pouvez-vous nous  parler de la genèse de cette nouvelle série ?

Arleston

J’avais depuis longtemps l’envie d’aborder le thème de la vengeance, chose que je n’ai jamais faite en plus de 150 albums ! Lorsque j’en ai parlé à Adrien Floch, le concept, avec un méchant à traquer par album, lui a beaucoup plu. Au départ, je voulais en faire une série historico-fantastique, qui démarrait durant la Révolution française et se poursuivait jusqu’au XIXème siècle, avec des décors multiples : Paris, bien sûr, mais aussi la Toscane, la Caraïbe, le Brésil, la Russie...

Adrin Floch a fait de nombreuses recherches, mais il a fini par m’avouer qu’il ne se sentait pas à l’aise dans un contexte trop historique, il craignait d’être bridé par la documentation. J’ai donc transposé mon concept à un univers de fantasy où chaque monde correspond à un des décors que j’avais en tête. Le second volume aura des parfums d’Italie projetée sur un monde imaginaire.

 

Stéphane DUBOIS

Pour la sortie du tome 1, l’éditeur a précisé « une nouvelle série non humoristique d’Arleston ». Pourquoi pour une fois renoncer à l’humour ?

Arleston

Ce n’est pas la première série sans humour que j’écris, c’est déjà le cas des Forêts d’Opale avec Philippe Pellet, qui ne se sent pas très à l’aise dans les scènes de comédie. En ce qui concerne Sangre, ce n’est pas un choix délibéré. Adrien a montré dans les Naufragés d’Ythaq qu’il était très efficace en comédie, mais notre envie était de faire avec Sangre quelque chose de différent. La vengeance peut être traitée de façon marrante, comme Tarantino l’a fait dans kill Bill, mais là, c’était délicat. Je voulais rendre toute l’injustice dont cette gamine est victime, et expliquer comment une personnalité peut se reconstruire suite à un traumatisme violent, grâce au support de sa haine. Et ensuite, bien sûr, explorer les évolutions de cette personnalité. Pas vraiment l’endroit pour placer des calembours !

 

Stéphane Dubois,

Les acteurs disent souvent que les rôles comiques sont bien plus difficiles à interpréter que les rôles tragiques. C’est la même chose pour les scénarios de bande dessinée ?

Arleston

Le travail du scénariste et celui du comédien n’ont rien à voir ! En bande dessinée, c’est plutôt le dessinateur qui fait jouer les acteurs, c’est lui l’interprète. Et dans ce sens, je pense qu’il est moins difficile en effet de dessiner une scène sérieuse qu’une scène de comédie, qui demande un jeu plus subtil pour être réussie. En revanche, le travail du scénariste est compliqué dans les deux cas. Bien sûr, faire rire est une des choses les plus difficiles au monde, mais émouvoir n’est pas aisé non plus. Il faut trouver le bon équilibre des tensions pour ne pas tomber dans le mélo et garder le lecteur sur le qui-vive à chaque seconde.

Stéphane Dubois

Lors des Utopiales, vous avez expliqué, que vous dépassez souvent le format classique des 44 pages, et que vous aimez travailler sur des cycles de 8 albums.

Arleston

Oui, c’est un format dans lequel je me sens à l’aise. En fait, en quantité d’informations, 8 albums de BD correspondent à un roman de taille moyenne. Sangre est bien une histoire en huit parties, puisqu’il y a sept pirates écumeurs à retrouver, et leur complice ligat qui fait l’objet du premier tome. D’ailleurs, les titres sont annoncés dès le premier album : il s’agit à chaque fois du nom de l’individu que Sangre traque. Nous allons essayer de sortir un album par an, si tout va bien !

 

Stéphane Dubois,

Au fil des albums, divers mondes de l’univers que vous avez créé pour cette série seront abordés, quels sont le ou les messages, que vous souhaitez faire passer avec Sangre ?

Arleston

Je conclus la première histoire par : « la vengeance n’apaise pas vraiment, mais son absence ronge plus encore ». C’est un sujet difficile. Moralement, je suis opposé à la notion de vengeance. Je ne l’ai d’ailleurs jamais appliquée, à mon niveau, dans ma vie personnelle.

Mais je cherche à imaginer ce qui se passe dans le cerveau d’une victime d’évènements gravissimes, comment des réflexes viscéraux peuvent prendre le dessus, comment ce sentiment violent peut devenir ce qui va permettre sa survie mentale, et comment le personnage va devoir vivre avec les actes terribles qu’elle peut commettre. Il n’y a pas de message direct, juste l’exploration de sentiments complexes.

Ensuite, d’un point de vue narratif, je vais m’appuyer sur les diverses sociétés des divers mondes que j’ai imaginé pour que Sangre accomplisse sa vengeance, d’une façon ou d’une autre.

 

Stéphane Dubois,

Dans cette série, avez-vous mis  des indices, des jeux, des messages dans les planches ?

Arleston

Non, pas du tout. Les petits jeux s’intègrent bien dans le cadre d’une série d’humour, ici ils seraient déplacés.

 

Stéphane Dubois,

Cette saga vous a-t-elle donné envie d’écrire désormais des histoires plus sombres, plus ténébreuses ?

Arleston

Je suis en plein dedans, puisque je prépare en ce moment le second tome, mais ça n’influencera en rien des séries comme Lanfeust, les Trolls ou Ekhö, j’éprouve toujours autant de plaisir à écrire de la comédie.

 

Stéphane Dubois,

Parallèlement à SANGRE, avez-vous d’autres projets pour de nouvelles séries ?

Arleston

J’ai déjà beaucoup de séries en cours, et c’est beaucoup de travail ! Lanfeust, les Trolls, Ekhö, les Naufragés d’Ythaq, les Forêts d’Opale, Léo Loden, Chimère(s)1887, Sangre : si je tiens le rythme, ça représente déjà huit albums par an ! Sans compter que je viens de sortir un roman chez ActuSF, Le Souper des Maléfices, et que j’aimerais bien continuer... Alors bien sûr j’ai des idées, des envies, mais il va me falloir du temps pour les développer.

© Éditions Soleil, 2016 – Arleston, Floch
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