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Site sur la Science-fiction et le Fantastique

Sardonica ou  la femme panthère (2)

 

 

Le bon Abbé m'entraîna dans une petite salle, après avoir vérifié que personne ne pouvait nous entendre. " Pour un lecteur de vieux grimoires, vous êtes bien novice! Pensez-vous qu'il fut possible à un moine, car c'est le moine Maroff qui écrivit ce manuscrit, de narrer l'histoire de ses commerces avec l'Esprit du Mal - sujet de son texte - sous l'oeil de ses condisciples et de son Supérieur ? "

 

 Mais ce moine avait besoin de confier au parchemin son aventure. Peut-être comptait-il ainsi se libérer de ce qui l'angoissait. ? Il avait l'intention aussi de justifier sa faute, face à son Dieu qu'il révérait toujours. Ensuite il estimait sans doute utile d'enseigner aux honnêtes gens à fuir la fréquentation des esprits diaboliques étrangement incarnés ici.

 

Enfin vice et coquetterie d'écrivain, il souhaitait conserver et faire connaître son témoignage qu'il en estimait digne par son caractère étrange.

 

" Croyez-vous à Satan, Mon Père ? " demandais-je. Cette question me traversant soudain l'esprit.

 

" Je ne crois qu’à. Lui ! " Répondit-il en me regardant curieusement. " Je pense que dans la lutte qui oppose furieusement les forces du Mal et du Bien, Satan a presque définitivement gagné " Et voyant l'étonnement qui se lisait sur mon visage, il poursuivit :

 

" Ayez la bonté d’examiner sereinement, avec un oeil froid d'historien, les événements de la seconde guerre mondiale...

 

 

Les doctrines du Nazisme n'étaient-elles pas des doctrines sataniques, résurgence d'un Moyen-âge démoniaque, révérées par des multitudes de gens ? Ces multitudes de gens n'étaient-ils pas encadrés par de zélés serviteurs, organisés en sectes, de l'Esprit du Mal ?

 

Ces prêtres-soldats de Satan ne rêvaient-ils pas de dominer le monde par des moyens diaboliques extermination de peuples sous les feux de l'enfer, mises en esclavage de populations entières, tortures Affinées, affamement poussé au paroxysme d'hommes, accaparement de la Science à des fins perverses ?

 

Et leur seule règle n'était-elle pas le souci de faire triompher leur abominable cause, sans qu'aucune considération morale ne guidât leurs gestes ? "

 

 

J'avoue que cet aspect des choses commençait à me troubler.

 

" Mais le plus singulier " poursuivit le Père Pétrus qui s'animait de plus en plus, " n'est-ce pas la conquête de l'atome,n'est-ce pas le feu ravi à Dieu par l'ange du Mal, çité quelque part ? Ne s'agit-il pas là d'une énergie formidable mise au service des forces du Malin ? Satan serait sur le point bientot de réaliser sa funeste volonté : l'asservissement de l'humanité entière qu'il a manqué de peu plusieurs fois. »

 

Le Père Pétrus ne plaisantait pas en disant ceci. I1l me regardait gravement, et nul n'aurait rien pût trouver d'insensé dans ses propos. Au contraire, i1 posait d'inquiétantes interrogations; même pour un esprit circonspect...

 

Après un long silence méditatif, je repris la conversation " Mais enfin, Mon Père, ce manuscrit..." - Et bien ce manuscrit... Venez"me dit-il. Et il m'attira vers une petite fenêtre d'où jaillissait une lumière vive, comme la flamme de la gueule d'un four.

 

Il prit le livre dans ses mains fines faites pour bénir, l'amena à la lumière et l'inclina d'un certain angle. " Lisez ce qui est inscrit en noir " me dit-il " et qui apparaît ainsi ".

 

Ce que je fis.

 

 

En, effet du titre :

" SANCTA VERONICA »

 

 Ils se détachaient des parties noires, de cette façon :

 

SARCTA  VERONICA

ce qui se lisait alors:

 

SARDONICA.

 

 

" Tout est ainsi " me dit-il, tandis qu'il feuilletait les gages. " Dans ce livre coloré existe un deuxième livre en noir, un livre satanique mêlé au vrai. Comme dans la vie colorée est intimement mêlée l'oeuvre noire du Malin.

 

" C'est une toute autre histoire que vous pourrez lire de cette façon, Monsieur John BRISTOL. " Le Père Pétrus me posa la main sur l'épaule et me regarda soudain, changeant complètement de physionomie, comme si une lutte se déroulait à l'intérieur de lui-même, avec insistance, me perçant jusqu'aux tréfonds de l'âme.

 

" Ne faites pas comme moi, ne lisez pas ce livre ! Il modifiera complètement le cours de votre vie. On ne se mêle pas impunément à l'histoire de Sardonica. Croyez ­moi ! J'ai eu tort de vous parler de ceci. Je n'ai pu résister au plaisir de livrer ce secret redoutable. Dieu me pardonne !

 

" Trop tard ! »

 

Et je m'emparai du livre sous l'oeil terriblement inquiet du père et je courus dans ma cellule lire l'histoire de Sardonica.

 

Ce que le découvris me stupéfia.

 

(A suivre)

 

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