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Site sur la Science-fiction et le Fantastique

Daph Nobody L’Enfant Nucléaire

  daph nobody

Bonjour Daph,

Tu en es à ton 4e ouvrage.

Oui j’ai déjà publié deux recueils de nouvelles et un roman avant l’Enfant Nucléaire.

Justement l’Enfant Nucléaire, c’est quoi comme genre ? C’est de la science-fiction, du fantastique ?

Je dirais que c’est un thriller fantastique, mais qui mêle aussi le roman noir, qui devient a un moment donné un thriller politique et qui se boucle d’une manière très proche de la science-fiction, j’ai voulu mélanger les genres parce que je me dis qu’isolement tous les genres ont été très exploités.

Je le fais très naturellement, je ne me suis pas dit je vais le faire en commençant à l’écrire.   C’est venu tout seul.

Sous la plume ou du moins de nos jours sous le clavier.

Ah non, moi j’écris toujours à la plume, toujours sur papier, après je retape tout je corrige, j’ai des petits carnets demi-A4, j’en ai une bonne centaine, je ne suis capable que d’écrire la dessus. Et de plus ce n’est pas du papier blanc, j’ai un tel traumatisme de la page blanche que je prends un papier gris.

« L’Enfant Nucléaire » a-t-il une forte connotation écologiste ?

Ce n’est pas une forte connotation écologiste, mais clairement je crois que tous mes bouquins sont une critique de la société de consommation, c’est aussi tout le récit et le destin du personnage principal, du protagoniste Jiminy et mené par le problème du nucléaire et des déchets qui s’entassent dans le monde dont on ne sait plus que faire.

C’est finalement, le croisement de ce personnage, qui a un don particulier avec notre société qui a un problème particulier.

 

Qui va mettre en place cette fin qui a mon avis était inévitable. Pour moi ce livre est tellement logique, que même les chapitres les plus terribles, je ne pouvais pas les contourner, c’est comme le super héros qui a un pouvoir particulier forcement on va chercher à exploiter ce pouvoir particulier dans tous les sens du terme.

Jiminy c’est la bonne conscience de l’humanité comme Jiminy Cricket la bonne conscience de Pinocchio (Walt Disney Pinocchio, sorti en 1940)

Ou clairement, je l’ai appelé Jiminy en référence au cricket du film. Comme le personnage féminin, je l’ai appelé Leia en référence a la Princesse Leia (Leia Organa d'Aldorande) dans « Star War ».

Pour en revenir à Jiminy, c’est un personnage qui a conservé ses valeurs, c’est un beau personnage. Je l’adore, je dis souvent que j’ai écrit ce livre par haine et par amour, d’abord par haine de ce système que l’on a mis en place et qui se veut manipulateur, destructeur, menteur et à la fois par amour pour ce personnage de Jiminy. 

Pour moi c’est un personnage presque éthéré, c’est un personnage qui se retrouve là avec un don, ce n’est pas un personnage maléfique, c’est un personnage qui est amené a un moment donné de l’histoire à commettre des actes absolument abominables, mais parce qu’il n’a presque pas le choix, c’est sa survie qui est en jeu.

Mais, fondamentalement c’est toujours un personnage qui essaie de voir les choses avec philosophie, d’être très cohérent, d’être, très posé par rapport à la vie. Pas d’objectif particulier, pas le but de s’enrichir, il n’a pas le but de dominer quelque chose.

Au tout début de l’histoire, il est presque abandonné par ses parents, c’est un gamin qui finit par vivre dans un terrain vague, avec des chiens, son don éveille la curiosité de tous les gamins de sa petite ville qui est Bethléem, j’ai pris spécialement cette petite ville symbolique, un nouveau Jésus, l’action se situant dans une ville de Pennsylvanie aux USA, qui porte ce nom célèbre.

Cela se déroule sur trois états : lui est né en Pennsylvanie à Bethléem, c’est intéressant, c’est une ville qui a énormément périclité, une des plus grosses entreprises ayant fermé amenant un taux de chômage énorme et lui grandi dans ce contexte. Il est devenu très très solitaire, il ne cherche pas le pouvoir, une bande de jeunes s’est créée dans cette petite ville et ils ont un rituel, un rituel d’initiation pour tous les nouveaux qui arrivent dans la ville, ils doivent jouer au jeu de la brouette, cela consiste a se faire tenir par les jambes et a avaler tout ce qui traine par terre, dans la cour de récréation.

Avec son don particulier, il remporte ce jeu haut la main, puisque son estomac peut avaler n’importe quoi.   Cela va tellement loin, ils ont une telle fascination de ce personnage, qu’ils lui proposent de devenir le chef de leur petit groupe, ce dernier étant un gros con, « toi tu es digne de l’être » lui disent » ils, il leur répond qu’il n’est pas intéressé par le pouvoir qu’il préfère rester seul et devient de ce fait le bouc émissaire par son refus de toute la ville.

C’est à la fois l’attrait d’un personnage totalement fascinant et ce rejet d’un personnage qui ne cherche pas a s’intégrer a quoique ce soit.

Dans le roman précédent, vous abordiez quelle question de société ?

J’étais parti d’une idée, une grande sécheresse, qui avait eu lieu aux USA. En fait j’aime bien les USA, ceux qui aiment bien châtient bien, à la fois, sur le plan artistique je trouve qu’ils ont un cinéma absolument fascinant, révolutionnaire, des auteurs comme David Lynch, des écrivains comme Stephen King m’on bercé durant toute mon enfance. J’aime bien ce côté extrême.

 Mais je méprise vraiment cette politique qui mène à l’internationale, ce côté de vouloir transformer absolument tout en commercial. Ce coté de vouloir prendre le pouvoir sur le monde, avoir le dernier mot sur tout ce qui ce passe dans le monde, avoir le droit de se servir de l’arme nucléaire et empêcher d’autres pays de l’avoir, c’est-ce coté la qui me dérange.

Mais j’aime bien les USA, car on a l’impression que l’on peut aller très loin, comme mes romans sont assez extrêmes, assez trash, je me vois mal mettre en scène un roman qui se passe par exemple en Belgique. Pour moi ce n’est pas concevable, j’ai des amis qui sont partis aux USA et m’ont dis : « tu t’assimiles très vite aux américains, car chaque fois que tu en rencontre un, il te dit qu’il a pour origines, une mère italienne mélangé a des indiens, un grand-père canadien mélangé à des Irlandais qui venaient de Suisse. »

C’est un grand mélange, ce qui fait que tout le monde s’y retrouve, cela crée un immense peuple hétéroclite, on sait plus trop a qui on s’adresse, c’est le monde entier qui es concentré dans une surface relativement petite à l’échelle mondiale.   

Leur coté extrême m’attire autant qu’il fait peur, donc oui « Blood Bar » qui se passait également aux États-Unis, a découlé de deux nouvelles publiées dans de 2 recueils de nouvelles : « Le Cycle des ténèbres », il y avait chaque fois une petite nouvelle qui parlait des bars à sang, les lecteurs me disaient de continuer, d’en faire un roman, un film, alors j’ai décidé dans faire un roman. Cela me permettait d’aller bien plus loin dans la thématique que je développais, dans les nouvelles le bar à sang au départ c’est une secte, qui est la « confrérie de l’artère » qui es une secte crée par un homme qui n’est pas un idéaliste, mais un commercial, un homme d’affaire américain. Attiré par l’occulte, mais qui cherche avant tout a gagner de l’argent, il crée cette secte, ou il amasse un grand nombre d’adhérents dans toutes les couches sociales.

Cela me rappelle une secte que je préfère ne pas nommer, qui cherche des adhérents chez les riches. C’est à la fois une secte spirituelle, c’est rassembler toute l’humanité, autour d’un élément central, le sang, effectivement nous avons tous du sang dans les veines, et il est semblable ou que l’on se trouve sur la terre, mais ce qui le motive vraiment qui est beaucoup plus occulte, c’est de remplacer finalement le commerce de l’alcool par le commerce du sang, c’est quelque chose de totalement absurde, j’en parlais avec des amis qui travaillent dans le domaine médical : « oui, mais tu ne mets jamais de l’anti coagulant dans tes romans ? Parce que le sang cela se coagule très vite », c’est pour ça qu’il ne faut pas lire au premier degré, car c’est totalement invraisemblable.

En même temps l’idée c’est d’instaurer un commerce, l’être humain devient non seulement l’instrument de l’être humain, mais aussi un objet de consommation, une alimentation pour l’homme, l’homme est prédateur pour l’homme, il devient à la fois consommateur et être consommé.

À partir de ce moment-là, la secte devient une grande entreprise commerciale, avec des bars dans tout le pays, clandestins bien sûr. Ou l’on vend du sang, et bien sûr le sang humain est le plus cher. Avec toutes les corruptions que l’on peut imaginer comme au temps de la prohibition. C’est un commerce interdit, mais l’état est impliqué.

C’était dans le cycle des « ténèbres » que l’on ne peut que trouver que chez des libraires en ligne, car il est plus édité, voir en bibliothèque.

Quelle était la couleur, de ces recueils ?

« Les ténèbres nues » était un recueil très cruel, j’avais vraiment écrit des nouvelles assez dures, plus proches de l’horreur, dès le départ la première nouvelle « Le silence des cadavres qui pensent » est l’histoire de frères jumeaux en conflit permanent, la mère étant décédé suite a l’accouchement du second et le père en a toujours voulut a l’un des deux. Et il y a une guerre qui se créer entre les deux frères, de manière exponentielle, jusqu’à la confrontation finale.

Tu as des projets, au niveau littéraire ou autres ?

Oui, j’ai des projets, j’ai un nouveau livre en cours, que j’ai écrit en 1998, mais il est très long, il fait plus de 1000 pages. Je n’ai pas osé le dire à l’éditeur. Sinon il m’égorge (rires), il sait que j’écris un roman, mais ne sait pas la longueur

C’est un livre de jeunesse, a cette époque la je détaillais les choses, de manière excessive. Je le reprends, pour en faire un roman de 400 pages. C’est un polar fantastique que je veux très rythmé. 

Tu n’as jamais eu envie de te lancer dans d’autres formes d’écriture comme les scénarios ou des BD par exemple ?

« Blood Bar » est en cour d’adaptation en BD. Et devrais sortir en 2013, le dessinateur en est Jean-Marc Kuwalik. Il sera probablement édité par Sarbacane. 

Je suis un peu touche a tout, j’ai commencé dans les années 90 a écrire des livres, sans trouver d’éditeur, j’ai donc fait des études de littératures en université et a ce moment la par un de ces hasards de la vie, je suis entré en contact avec une maison de production qui venait de se monter, totalement dédié au cinéma de genre. Ils m’ont engagé pour commencer a écrire des scénarios notamment : « A Broken Life », un film tourné au USA avec Tom Sizemore , Corey Sevier, Grace Kosaka… et ce n’est pas du tout un film de genre, mais un drame psychologique, j’étais l’un des scénaristes. On a été deux belges a travaillé dessus et trois canadiens. Le concept était des deux scénaristes belges. C’était très conceptuelle tourné caméra à l’épaule. J’ai également coécris avec un ami un court métrage intitulé : « Histoire d’Argent » qui a tourné dans les festivals et as reçut un prix au festival de San Francisco.

Tu as eu un prix littéraire au BIFFF en partenariat avec la Maison du Livre.

Oui effectivement, pour des nouvelles, remis par Henri Verne.

Je te remercie de ton accueil et a bientôt.

 

Sites de Daph Nobody :

http://daphnobody.wordpress.com/

http://daphnobody.blogspot.fr/

Biographie sommaire

Réside à Bruxelles. Il travaille comme scénariste (A Broken Life en 2008) et traducteur (anglais). Sa carrière démarre par la publication de nouvelles dans des revues spécialisées dans le fantastique, telles que Khimaira – il obtient le Prix Littéraire du Belgian International Fantasy Film Festival.

En 2009, il publie son premier roman dans la collection EXPRIM’ : Blood Bar, qui flirte avec la vague du roman de vampires pour mieux la dynamiter. Le livre jouit d’un très bel accueil critique (sélection Prix Chimère et Prix Futuriales 2011, articles dans Télérama, la RTBF, Le Figaro, etc.).

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