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Site sur la Science-fiction et le Fantastique

Ils eurent droit aux commandements les plus contradictoires. Ils tentèrent une sortie qui se solda par un cruel échec. Il est vrai que les rebelles avaient  l'avantage du terrain. De surcroît  ils          trouvaient plus nombreux et mieux armés. Il n'y avait pas grand chose à faire, sinon à attendre la mort. L' apathie de Patrick au fond acceptait bien cette attitude.

 

Un à un, inexorablement, ses compagnons furent « nettoyés ». Certains poussaient un cri. D'autres n'en avaient pas le temps. Peut-être que tous avaient, avant de franchir le pas, une pensée pour le pays natal qu'ils ne reverraient plus.

 

Un terrible déchirement dans le bras qui l'envahit par tout le corps...

 

Il avait très chaud et très froid tout d'un coup. Un rideau lui descendait sur les yeux et sur l'esprit. Plus rien d'autre n'avait de sens que cette idée         " Je vais mourir..." Tout était relativisé. " Je vais mourir... Je ne reverrai plus les belles filles au soleil des villages, babillant comme des oiseaux, et dont le corps chatoie sous la lumière radieuse du jour.

 

Et il sombra dans le coma.

 

 

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

 

Lentement il revint à lui, avec toujours  cette douleur intena­ble dans le bras. Il essaya de bouger un peu ne fut-ce que pour échapper à l'odeur pestilentielle qui se dégageait des cadavres. Nous retournons vite à la charogne : c’est la principale leçon qu'il tira de cette  guerre.

 

Une nuée de mouches s'abattait sur toute cette viande qui se mettait à pourrir.

 

Et cette chaleur énorme qui montait de plus en plus intenable. Sa langue desséchée    se soudait à son palais. Son cerveau prenait feu. Les battements de son coeur devenu fou bourdonnaient ses oreilles.

 

Il vit arriver, au creux de son délire, n'en croyant pas ces yeux, portant une cruche d'eau sur la tête, vêtue d'un costume oriental ample, la Dame blonde. Car ce devait être elle, quoiqu'on ne vit pas l'Or de ses cheveux y dissimulés sous la capuche.

 

Elle lui donna à boire lentement. puis elle lui retira le récipient lorsqu'elle estima qu'il en avait assez, malgré qu'il lui en réclamait encore.

 

Elle examina sa blessure. Puis elle le leva avec précautions comme un ballot fragile, et le chargea sur son dos.

 

Derrière une sorte de colline rocheuse, à l'ombre, attaché à un arbre rabougri, somnolait un dromadaire agenouillé. Son oeil s'anima en la voyant. Elle installa le blessé sur la selle, et s'installa, comme elle put, elle aussi. II remarqua qu'elle était pieds nus.

Elle fit claquer sa langue et PROFERA quelque chose en Arabe. Le dromadaire se dressa sur ses pattes avec des mouvements lents et maladroits de marionnette ivre, puis s’ébranla.

 

Patrick s'endormit d'un sommeil à la fois heureux et troublé, aux oscillations maritimes du vaisseau du désert.

 

Il se réveilla à la porte de l'infirmerie de campagne du Bataillon, secoué par un grand infirmier rougeaud du Nord. « Tu as eu chaud ! » Il lui dit l'autre.

 

Patrick ne sut expliquer comment il se trouvait là. Il n'y avait plus de dromadaire, ni de Dame blonde. Mais il vit des, traces qui s'en allaient vers le désert. Cependant il ne dit rien à personne de cette histoire, pensant qu'elle devait rester secrète; et doutant de toutes façon que quelqu'un le croie. On mettrait ceci sur le compte de la chaleur et de la fièvre.

 

 

Plus même il pensait qu'il y aurait quelques péril à parler, et que la Dame blonde pourrait se décourager dans sa quête incessante pour le secourir. Il risquait de casser le lien Mystérieux et ténu qui les reliait.

 

X
X       X

 

Extraits du journal dé Patrick.

 

Je passais couvent devant le magasin d'automates qui se trouvait à quelques pas de mon domicile. Ces petite machines - mais s'agisait-il encore de machines? - m'-avaient toujours fasciné.

 

Certaines avaient été les témoins d'événements historiques importants, avaient surpris des entretiens galants dans des boudoirs exquis. Leurs mécaniques humaines avaient vu défiler des générations de fragiles mortels. Je ne me lassais pas de contempler ces frêles créatures.

 

J'avais l’impression que certaines d’entre elles me dévisageaient d’un air un peu goguenard. Des jeunes femmes m’adressaient  un sourire coquin avec des regards chargés de promesses un peu puériles, un peu nostalgiques. Elles ne séjournaient souvent que pour quelques temps en cette pension, venues pour guérir quelques maladies, recevoir quelques retouches à leur beauté.

 

J'avais eu le coup de foudre pour l'une d'elle. D'assez grande taille, gracieusement revêtue d'une robe de lin jusqu'à mi-cuisse, ses pieds légers recouverts de fins chaussons, la ballerine était réellement très belle. Un sourire angélique flottait sur ses lèvres entr'ouvertes.

 

Prenant sur mes maigres économies, je décidai de tenter de l'acheter. A force de nous voir nous nous connaissions un peu, moi et le marchand.

 

" Elle  devait vous attendre !" me répondit-il ravi.

" Il y a des années que je l'expose, tantôt dans la vitrine, tantôt dans la boutique, sans succès. Je vais vous faire un prix comme je sais que vous aimez les automates. Et le plus passionné n'est pas forcément le plus fortuné !" ajouta-t-il en jetant un regard de commisération sur ma pauvre mise.

 

En effet son prix devait être honnête, compte tenu de la valeur ordinaire de ces objets de collection, bien qu'il fut lourd pour moi, très lourd même.

 

Néanmoins très heureux j’emportai mon idole chez moi, comme on emporte une conquête. Je la mis sur la commode, à la place d'honneur de mon modeste logis.

 

Désormais elle partagea et connut tout de ma vie. Logeant seul il  m'arrivait de lui parler comme à l'un de mes proches. Elle semblait me répondre mystérieusement, d'un air complice. Je n'imaginais guère l'existence sans elle. Et le mécanisme remonté elle virevoltait, aux sons d'une musique allègre et cristalline, preste et pimpante.

 

Le corps paraissait    palpiter sous la robe de lin...

 

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