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Site sur la Science-fiction et le Fantastique

Le Téméraire 2

 

" Hourra, vive la flibuste " répondirent en coeur les officiers.

« Nous allons reprendre la bonne vie, la seule qui vaut la peine d' être vécue, courir les mers à la recherche de la fortune. »

 

Julien sentit qu'en cette circonstance exceptionnelle il devait faire une sorte de discours: «  Messieurs, je vous salue et suis heureux de vous retrouver »; Julien porta la main,à son bicorne qu'il venait de découvrir opportunément sur un siège.

 

«  Allons sur le pont diriger la manoeuvre». Tout naturellement ils lui emboîtèrent le pas.

 

XXXXX

 

Sur le pont les choses état en bonne voie apparemment, le Bosco qui s’était discrètement éclipsé pendant la scène survenue au carré des officiers, voulant peut-être par discrétion éviter de voir ­Julien sous le coup d'une grande émotion, avait réussi à réveiller tout l'équipage qui paraissait prêt à l'appareillage bien qu'un peu ensommeillé. Vu de la passerelle, il s'agissait du rassemblement d'individus le plus hétéroclite que l'on puisse imaginer, composé de déracinés et de marginaux tirés de l'écume de leurs pays, jetés ici au hasard de la vie et prêt à tout dans la piraterie car plus bons à rien dans la société.

 

- Parés à la manoeuvre.

- Parés à la manoeuvre.

 

Et les commandements secs et les bruits du cabestan qui tourne pousser par les hommes marqués par l'effort. Et les voiles qui montent lentement dans le clair obscur. Et le souffle du vent oui les gonfle.

 

Le Téméraire était alors comme un être vivant dont la coque frémissait comme un corps, dont les cordes vibraient comme des nerfs. Et Julien ressentait pour son bateau une passion telle que celle que l'on peut éprouver pur une femme, plus encore peut-être, comme pour quelque chose qui es de votre chair

 

II ) L ' ABORDAGE .



 

 

 

Ils naviguaient depuis trois jours déjà par bon vent.

Le Téméraire tenait particulièrement bien la toile et avançait à une allure soutenue.

 

Dans sa chambre, Julien tout en tirant sur sa bouffarde, feuilletait le livre de bord. Et il lut avec une certaine mélancolie à 1a date du 18 Juin 1722: " Un galion espagnol est en vue" Et c'était la dernière phrase qui était inscrite sur le feuillet jauni. La vie du Téméraire s'arrêtait ici. Au même instant on entendit un cri poussé par la vigie, aussitôt répercuté par les hommes du pont : "Galion espagnol en vue" .

 

Julien bondit sur la passerelle. Les marins couraient éperdument en direction du pont, l'air excité.

 

Julie se saisissant de sa lunette, vit le vaisseau pansu et râblé lourd sur l' eau, gonflé comme un bourgeois après un bon repas.

 

"Ça sent l'or" pensa julien et la vision d'un tas de lingots enflamma son imagination.

 

Julien fit donner l'ordre d'engager la poursuite et de hisser toute la toile que le fier bateau pouvait porter. Chacun était plongé dans le même trouble et la même excitation, que celui que ressent le chasseur lorsque la proie est en vue, vieil instinct héréditaire venu du temps où l'homme vivait de la chasse et qu'il était encore proche lui-même de l'animalité.

 

Les canonniers, un chiffon à la main, caressaient d'une main précautionneuse leur pièce comme on caresse une femme .

 

Les autres hommes d' équipage avaient monté sur le pont tout ce qu'ils avaiennt pu trouver comme armes d'abordage: épées, sabres, coutelas, cet arsenal servant autant à impressionner qu'à tuer s'il le fallait.

 

Tout ces combattants avaient la mine à la fois grave et attentive de ceux qui ont choisis de ce battre et qui n'ignorent point qu'ils peuvent laisser leur vie dans la bataille, mais qui en acceptent l'augure pour vivre une autre vie que celles qu’ils auraient vécue sans ce choix. Soit parce que cette vie aurait été trop insipide, soit parce qu'ils se trouveraient détenus en cet instant dans   une geôle d'un quelconque pays d'Europe.

 

L'autre bâtiment se rapprochait assez rapidement et il était de plus en plus facile de distinguer les détails de sa cocue et de ses gréements. De la dunette Julien supputait la richesse qu'il pouvait recéler. Nul doute que tout le monde y pensait aussi à bord­.

 

On voyait bien  que  la "Maria Blanca" tentait de s’échapper à son poursuivant mais elle était comme une poule d'eau tentant d'échapper à un rapace de haute volée. La partie semblait jouée d'avance.

 

On s'approcha encore. Cette fois on pouvait voir les passagers; et avec sa lunette Julien distinguait les traits des visages.

 

 " Ils chient dans leurs dentelles " déclara Julien à l'adresse de l'élégant; " Ils n'aiment pas se battre, ils préfèrent faire combattre d'autres à leurs places pour 1eurs nobles idéaux qu'ils professent le soir dans les salons.

 

" Ce n'est pas si bête au fond... Mais aujourd’hui messieurs les Bourgeois, Messieurs les Nobles   Va falloir défendre vos peaux. «  Y a t il des femmes Commandant »  demanda l'élégant.

 

" Ça m'en à tout l'air. Et certaines d'entre elles ne me semblent point si laides"          Et il passa sa lunette à l'élégant, qui en repéra une sur laquelle la longue vue s'immobilisa longuement.

 

- Tudieu. Celle-ci a l'air romantique et effrayée, la frayeur la rend encore plus belle ainsi. Et elle est vêtue comme une reine. Et quelle pose! Avez-vous vu avec quelle grâce elle cambre sa jambe ?

 

 

"Je crois monsieur que va bientôt venir le moment de l'abordage. Il est un temps pour chaque chose" interrompit Julien un peu rageur. " Canonniers, à- vos pièces, feu!"

 

La première bordée fit quelques dégâts. Une épaisse fumée se dégagea peu à peu de la "Maria Blanca" la faisant ressurgir de nouveau presque intacte.

 

Commandant, n’endommagez pas ma belle inconnue. Je tiens à la retrouver en bon état."

 

Julien  ne put S'empêcher de sourire dans les moments les plus difficile, 1"'élégant"  faisait preuve d'un certain panache, il eut mourir la rose aux lèvres. Pour lui, au fond,la  vie n'était qu'une sorte d'illusion, une fiction théâtrale dans laquelle il importait de jouer son rôle.

 

Les canonniers s'étaient acharnés à recharger les pièces avec célérité.

 

« Feu » La deuxième bordée soigneusement ajustée fit mouche et les dégâts, cette fois furent conséquents: la grande voile tomba avec un grand bruit, et la coque fut sérieusement  endommagée.

 

On pouvait se rendre compte que régnait la panique à bord de la " Maria Blanca». Des passagers et des hommes d’équipage s'agitaient en tout sens, ne sachant trop que faire.

 

Le "Téméraire" st approcha cette fois à toucher du Galion espagnol. Il fallait voir la belle excitation qui régnait dans le navire corsaire. Tous avaient envie d'en découdre pour se libérer de la tension nerveuse qui les remplissait. On jeta avec frénésie les grappins oui tombèrent avec des bruits terribles.

 

 

" A l'abordage" Et ils se précipitèrent en poussant des cris tels qu'ils pouvaient glacer d'épouvante les coeurs les mieux accrochés.

 

Comme on pouvait s’en douter, de vieux soldats et quelques gentilshommes les attendaient sans grande conviction.

 

Julien ne fit guère que trois ou quatre passes avec un de ces hidalgos qui ferraillait certes pour ce qui pouvait passer pour un style de bonne école madrilène quelques décennies auparavant, mais ne pouvait guère  avoir quelque efficience que pour chasser , les mouches. Il eut vite raison de lui et d'un coup de pied dans les chausses l'envoya 1a tête la première dans un fût.

 

« C'était la botte secrète de Julien »  dit Julien in-petto et il fut assez fier de lui.

 

Après avoir fait enfermer tout ceux qui se trouvaient sur le pont dans des réduits, Julien et ces hommes décidèrent de faire 1'inventaire de la cargaison. Les coffres se trouvaient dans la cabine du Commandant, coffres magnifiquement, finement travaillés lourds et faisant plaisir à voir.

On arracha les ferrures sauvagement ne prenant pas la peine d'essayer de trouver les clés. Ce fut un éblouissement qui charma l'oeil des pirates, un jaillissement scintillant d'or et de pierreries.

 

« Quelle MERVEILLE » ne put s’empêcher de soupirer Julien en contemplant cette fortune. " çà ne pouvait tomber en de meilleures mains. "

 

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