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Site sur la Science-fiction et le Fantastique

Le Téméraire (6) " Chez le Gouverneur"

 

II Chez le Gouverneur

De nuit, des chaloupes silencieuses débarquèrent Julien et une cinquantaine d'homme,s, sur une côte écartée à environ dix kilomètres de la capitale. Aussitôt le " Téméraire ", le Black Bird ", et la "Belle Jeanne " qui les avaient amenés repartirent, tous feux éteints pour éviter que quelque sbires du Gouverneur puissent se douter de l'éventualité d'un débarquement. Les plus courageux frémirent. En effet ils se trouvaient ici en pays ennemi, et, hommes de mer, seul le fait d'avoir les pieds sur le pont d'un vaisseau pouvait les rassurer.

 

La végétation tropicale, dans la nuit semi-obscure créait des formes bizarres et monstrueuses, et exhalait de lourds parfums enivrants. Julien se sentait littéralement envouté par ce paysage et par ces senteurs puissantes qui s'étaient emparé de lui.

 

Vraiment, nulle force au monde eût pu le dissuader d'aller secourir Isabella qu'il imaginait a, que part comme une fleur rare et extraordinaire bien digne de figurer dans cette serre chaude.

 

Un guide les attendait, à peu de distance du rivage, en un endroit convenu . Il devait par des chemins détournés les mener jusqu'à la ville, puis au palais du Gouverneur.

 

Et la marche commença: longue procession d'ombres noires, chargées de bagages suspects.

 

Comme ils se trouvaient parvenus à peu de distance de la cité, le guide d'un geste leur fit signe d'être plus silencieux, et il leur désigna de la main un énorme rocher sous les recoins duquel ils purent tenir leur dernier conseil avant d' être dans la place.

 

On précisa, dans un silence de mort, les itinéraires, les caches, la localisation des gens de la ville qui étaient des amis de la flibuste et auxquels on pourrait à la dernière extrémité s'adresser pour obtenir quelque secours ou quelque moyen de transport pour rejoindre L' Ile du Caïman.

 

Tous étaient braves et recueillis, car la partie ne serait pas facile; et si on les avaient interrogé un à un plus d'un aurait reconnu la folie de pareilles expédition, loin de leurs bases et dans des conditions auxquelles ils n'avaient point l'habitude.

 

Julien, lui-même, que le rêve éveillé de délivrer son amour inconnu avait abandonné sentait tout le poids de sa responsabilité sur ses épaules. Mais quoi il n'était plus possible de reculer.,,

 

En contre-bas la ville obscure qu'éclairaient seulement les lueurs laiteuses de la lune reposait vide et silencieuse. Au milieu de ces milliers d'inconnus qui sommeillaient: riches bourgeois rêvant à leur or, soldats rêvant à leur pays natal, manants et mendiants oubliant que demain il faudrait se lever, devait reposer Isabella. Peut-être même ne dormait-elle pas,? Peut-être que dans 1'ombre son profond œil noir attendait-il, plein d'espoir que Julien apparaisse dans embrasure de la fenêtre peur venir la délivrer?

 

 

Ils entrèrent par une petite porte écartée dont la sentinelle, sur le compte de laquelle ils connaissaient assez de secrets pour la faire emprisonner, avait été soudoyée. Ils lui remirent la seconde partie de ce qui lui avait été donné auparavant, soit une bourse pleine d'or d'un. bon poids que la sentinelle reçut avec une satisfaction évidente.

 

C'est presque stupéfaits qu'ils se retrouvèrent dans la ville, au cœur des forces dé leur ennemi. Une étrange allégresse s'empara d'eux un bref instant... Ils avaient réussis ce qui pouvait paraître une folie impossible. Mais il ne s'agissait que de la première manche. La partie était loin d'être gagnée.

 

Ils se divisèrent par groupes de dix, pour avoir une quelconque chance de passer inaperçus, après s'être chuchotés, comme s'ils étaient à l'église : les dernières recommandations.

 

A cet instant, retentirent les premiers grondements, jaillirent les premières clartés sorties des gueules des canons. la scène était d'une somptueuse beauté. La ville étagée jusqu'à la mer, remplie de senteurs et qui sommeillait et au loin les navires indistincts qui tiraient avec à leur bord les compagnons qui n' avaient pas manqué l'heure du rendez-vous.

 

Presque aussitôt, les gens mus par une espèce d'inquiétude toujours latente en eux, ouvrirent les volets, firent entendre leurs voix, et, la vie reprit.

 

Un peu plus tard on vit les premiers soldats en armes. « Clic-Clac. Clic-Clac" faisaient leur pas sur les soi. Et, dans cette confusion générale qui commençait~à s'installer, eux donnaient une rassurante impression d'ordre. Et on entendait qu'il se donnait des commandement.

 

Cette ville qui reposait si tranquille peu de temps auparavant s'était en quelques instants installée dans la guerre avec, somme toute, une apparente facilité.

 

Les pirates furent d'ailleurs surpris qu'au cours de leur marche personne contrairement à leurs craintes ne s'intéressa à eux. Car chacun était par trop préoccupé de ses propres angoisses, et de ses propres affaires, pour qu'il s'interessa à celles des autres.

 

Par les ruelles devenues grouillantes de monde, on arriva au palais du Gouverneur qui se trouvait légèrement en retrait des autres bâtiments, comme un noble qui dans une foule veut éviter un contact par trop étroit avec la populace.

 

Se dissimulant dans l'encoignure d'un bâtiment, Julien et ses hommes attendirent que les autres groupes arrivèrent un à un.

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